Essentiels,  Savoir-être

Développez votre potentiel : faire fructifier ses capitaux

Pourquoi certains ont tout et d’autres paraissent ne rien avoir ? Ne vous êtes-vous jamais demandé ce qui différenciait les gens qui réussissent des autres ? Bien sûr que si !! Ce sont nos capitaux : ces dimensions de nos vies qui nous donnent des chances ou des risques. La notion de capital chère à Pierre Bourdieu peut aider chacun d’entre nous à développer son potentiel et atteindre ses objectifs.

Si la notion de capital fut définie dès le 18e siècle c’est le philosophe Karl Marx qui la développa dans son ouvrage « Le Capital » de 1867. Il opposait le capital financier de la classe dirigeante au capital « force de travail » de la classe dominée (oui je sais c’est très schématique). Un siècle plus tard Becket parlera de capital humain mis à la disposition de l’entreprise par le travailleur. Mais c’est Pierre Bourdieu, sociologue du collège de France, dans les années 1970 qui réalisa le plus de travaux sur le sujet. Pour lui, nous bénéficions tous de capitaux spécifiques à la base de nos succès, de nos réussites, et aussi de nos échecs par manque ou absence de capitaux. Bien évidemment il décrivait également la possibilité d’inégalités dues à ces capitaux qui, en fonction de la naissance, ne donnent pas à tous les mêmes chances au départ. Ce sont ces capitaux que je vous propose d’étudier afin de vous permettre de développer plus avant votre potentiel et d’atteindre vos objectifs. Évidement il ne s’agit pas de « recettes de cuisine » mais de conseils étayés pour vous permettre d’aller plus vite et plus efficacement là où vous souhaitez aller.è
1) Capital social (les relations)
Et si la richesse venait de ses relations, de ses réseaux ? Et si on se développait en même temps que croit notre capital social, notre capacité à créer et développer des relatons enrichissantes ? Et si on commençait par le capital social ? Il s’agit globalement de l’ensemble de vos relations qu’elles soient professionnelles, personnelles, amicales, familiales …. Si on suit la théorie de l’identité sociale de Tajfel et Turner (1979-1985) par l’identité commune construite entre des individus, des affinités vont se révéler et on verra poindre la notion triviale de « piston » naturel et hautement développé. En effet, vous et moi, préfèrerions aider ou assister quelqu’un que l’on connaît et de qui on se sent proche plutôt qu’un parfait inconnu. De ce fait, le capital social fait appel au réseau relationnel développé et qui permet d’avancer plus aisément et efficacement.

Mais Bourdieu nous dit aussi que si on a la chance de « bien naitre » on peut bénéficier du réseau relationnel de ses parents et ainsi être mieux armé au départ pour avancer : c’est vrai … Mais cela est-il systématique et exclusif ? Seul le réseau parental servirait à avancer ? Bien sûr que non. Si vous avez la chance par vos connaissances parentales de diner avec une star du rock dans le sud du Portugal, il ne tient qu’à vous d’en faire un membre de votre réseau, sinon cela ne constituera qu’une rencontre éphémère. Mais sans réseau initial vous pouvez aussi rencontrer des gens et passer une semaine par an avec une célébrité dans le sud de l’Espagne, vous faire un ami et ainsi former votre réseau. Nous le voyons bien, la notion de réseau n’est pas liée exclusivement aux rencontres mais à la façon de développer, de dynamiser et de faire vivre ce réseau. Alors comment faire ?

Si ça vous intéresse, je vous parlerai un autre jour des « cercles d’influence » mais pour être bref, disons que passer de « connaissance » à « ami » ou « proche » nécessite de passer par plusieurs étapes plus ou moins rapides. Le secret est de rencontrer les gens sans arrière-pensées, sans vouloir créer un réseau, juste par amour des gens et empathie, de s’intéresser au côté humain, simple, et non de chercher à briller absolument. Mais il y a aussi un danger : développer son réseau c’est aussi savoir se séparer des personnes « toxiques » qui peuvent manger votre motivation et votre « énergie ». Il faut donc se constituer un réseau, l’activer et le faire vivre, mais aussi l’épurer et le rendre sain. Mais quelle est ma routine alors ?

Tous les jours je m’astreins à parler à au moins 3 personnes. Attention, pas juste « salut, ça va ? » mais vraiment échanger, sincèrement et « gratuitement ». Une est déjà dans mon réseau mais je ne lui ai pas parlé depuis longtemps. Une autre est une connaissance avec qui j’ai envie de tisser des liens plus forts. Une dernière est une nouvelle personne que je peux rencontrer n’importe où, y compris sur internet. Et puis, au moins une fois par semaine, je vais rencontrer un acteur institutionnel. 

Bien sûr que si vous pouvez bénéficier des relations de vos proches c’est plus simple, mais il ne tient qu’à vous de constituer votre propre réseau, même à partir de rien … Alors foncez, rencontrez, échangez, discutez, découvrez et façonnez-vous votre propre capital social. Vous faites partie de mon réseau et je fais partie du votre : vous n’êtes pas seul. Nous avons échangé, il ne reste qu’à nous d’aller encore plus loin. Merci d’être parmi les gens qui me font grandir, j’espère pouvoir vous apporter autant que vous m’apportez …

 

 

2) Capital culturel (les connaissances)
Mis à part le capital social, pour Bourdieu, nous bénéficions d’un certain capital culturel composé de l’ensemble de nos possessions et connaissances. Il peut ainsi se décrire le capital culturel intangible (institutionnalisé), c’est-à-dire l’ensemble de notre savoir, de nos connaissances, de notre expérience, de nos diplômes, de nos appétences à apprendre et développer ce capital. Il y a également le capital tangible (objectivé), l’ensemble de nos possessions culturelles qu’il s’agisse de livres, CD, DVD, tableaux …
<h6

Mais Bourdieu met l’accent sur la différence fondamentale entre culture et divertissement. En effet, écouter « Starway to heaven » de Led Zepplin est beau, autant que les œuvres de Mozart (et que mes livres et différents articles ;)… Mais la culture c’est comprendre ce qui est dit, ce qui est fait, entendre les intentions, le pourquoi et le comment. Juste écouter et trouver ça beau, ou pas, juste regarder un film et trouver ça bien, ou pas, ce n’est que du divertissement, de la consommation culturelle. La culture serait de comprendre que quand Jimmy Page, à la fin du premier mouvement de son solo dans 

, met un Fa, soit une 6ième créant ainsi une dissonance : c’est s’intéresser à la culture. Comprendre qu’à travers « avatar », James Cameron (qui porte le nom d’une bataille héroïque de la légion étrangère qui vit la victoire des armées mexicaines et le passage à la postérité du courage des légionnaires français) provoque un mouvement de réflexion en proposant une critique de l’impérialisme américain en offrant une métaphore osée avec la colonisation anglo-américaine des territoires d’Amérique du Nord : c’est de la culture …. Ici, il est donc nécessaire d’être ouvert à la théorie, à la technique, à l’autre, aux intentions et non seulement aux aspects purement esthétiques : et c’est là que pour Bourdieu nait le problème.

<h6

Il décrit alors la notion de capital culturel incorporé, à la base d’inégalités. En effet, un enfant naissant et grandissant dans une famille sensible à la culture, à l’art, aux voyages, aux apprentissages va avoir dans son logiciel ce gout et cette appétence pour la découverte et fera ainsi fructifier ce capital. A l’inverse, quelqu’un qui dans son évolution n’aurait pas appris à apprendre, qui se contenterait de regarder et d’entendre sans comprendre parce qu’il n’a pas été sensibilisé à la « culture » aura du mal à développer son capital. Mais alors seuls les fils et les filles de « l’élite » pourraient développer leur capital culturel ? 

<h6

Bien sûr que non …. Fort de la prise de conscience de l’intérêt de développer ses savoirs et son approche du monde, chacun d’entre nous peut apprendre à apprendre. Et c’est là notre réel défi : toujours apprendre et ne jamais se contenter de ce que l’on sait. Tous les jours quand je me lève, en préparant mon café, je regarde sur Google ce qu’il s’est passé dans l’histoire à la date du jour. Je choisi un événement et je lis son histoire (10 minutes max). Tous les jours je me force à en savoir plus sur une œuvre d’art (peinture, chanson, film) en étudiant ses auteurs, son histoire, ses sous-entendus (10 minutes max). Tous les jours j’apprends une nouvelle théorie, un nouveau concept, peu importe la discipline. Souvent je regarde une vidéo tuto sur YouTube, puis je cherche la page Wikipédia, puis je cherche les articles scientifiques … (entre 15 et 30 minutes max). Est-ce que tout ça me rend plus intelligent ou plus savant ? Assurément non. Mais je développe mon capital culturel, je m’enrichi des connaissances, je m’arme pour mieux m’adapter, pour agir efficacement. 

On le voit, si le développement culturel de chacun est influencé par la naissance, il ne tient qu’à nous de dépasser nos habitudes et de faire fructifier ce capital. Apprendre des autres, de l’histoire, de ceux qui savent et non de ceux qui croient, suivre ceux qui cherchent et fuir ceux qui croient savoir, tout ça est notre choix quotidien et je sais que vous avez envie d’en savoir toujours plus ….. Alors vous allez vous former, apprendre, essayer, échouer, recommencer et réussir 

Allez, une dernière anecdote avant le post suivant (vous aimez ça ?). Malaga (en Andalousie), dans ma province d’origine et mon autre nationalité, se trouve à 1h30 au sud-ouest de Grenade. La province de Grenade fut le dernier territoire musulman en Espagne reconquit par Isabelle la catholique en 1492 et poussant définitivement les armées maures hors du royaume chrétien. Et là, spéciale dédicace à tous ceux et toutes celles qui pensent que leurs parents (surtout leur mère) peuvent être parfois durs … Alors que Boabdil, le dernier Calife d’Andalousie, regardait les armées chrétiennes envahir son palais (Alhambra) des larmes se mirent à couler sur ses joues. Et sa mère lui dit : « Pleure mon fils comme un enfant ce que tu n’as pas su défendre comme un homme » …. Quelqu’un peut-il me donner la définition de « castratrice » S


3) Capital économique (les finances)

Bourdieu a défini également un troisième axe : le capital économique.

Il ne s’est pas étendu sur cette notion car celle-ci avait été déjà très développée en économie bien sur mais également en sociologie surtout par Max Weber mais aussi par Karl Marx. Ce qu’il note c’est que ce capital aurait 2 dimensions majeures : le patrimoine et le revenu.

Le patrimoine c’est ce que l’individu possède. Il soulève ici la notion de potentielle inégalité car nous n’avons absolument pas tous le même patrimoine et le même héritage. Mais au-delà cette notion de patrimoine est subjective car comme le faisait remarquer Easterlin, ce n’est pas l’argent qui fait le bonheur (même si la pauvreté n’a jamais rendu quelqu’un heureux). Le patrimoine et sa contribution au bonheur dépendent des besoins de chacun. Évidement on pourrait caricaturer en parlant de cette femme à la vie si insipide et morne qu’un sac Vuitton pourrait égayer, ou de cet homme si ennuyeux et fade qu’une console de jeu pourrait enchanter. Mais il est plus sage de dire que le patrimoine permet de faire ce qu’on a envie de faire. On va découper alors ce patrimoine en 2 objets : tout d’abord les consommations ou charges que Robert Kiyosaki appelle le passif, et d’autre part les possessions permettant un revenu ou investissements qu’il appellerait l’actif. Ce n’est pas la même chose !!! Posséder sa maison, sa voiture ou un sac de marque ne sont que des dépenses et ne rapportent rien : c’est du passif. A l’inverse, posséder une maison que l’on loue, acheter un sac de marque pas cher et le revendre, posséder des actions d’une marque de voiture peuvent rapporter et sont donc des investissements : l’actif. Cette différenciation est importante car si nous n’avons pas tous la même somme de capital, nous n’avons pas non plus la même composition de notre patrimoine. 

Mais ATTENTION, le patrimoine ne fait pas tout : il dépend des revenus. En effet, vivre au crochet de quelqu’un peut offrir du patrimoine, et on tentera de se convaincre qu’on y à participé même modestement à sa constitution. Il est important de pouvoir constituer et reconstituer soi-même ce patrimoine par des revenus. Ces revenus doivent être assez important pour contenter nos besoins quels qu’ils soient (Maslow). Il existe alors 2 types de revenus : les revenus actifs et passifs. Les revenus actifs sont le fruit d’un travail quand ceux passifs sont issus d’un investissement. A moins d’être passionné par son travail (mais tout le monde ne peut pas être enseignent, conférencier ou consultant) il est important de se constituer des revenus passifs qu’ils s’agissent d’immobilier, de rentes actionnariales… C’est le vecteur économique vers la liberté.

Donc ce capital économique va permettre d’aller bien, d’investir, de concrétiser ses rêves et ses envies. Il dépend de l’implication de chacun et de ses besoins. Il est à la base du développement humain dans notre société même si l’action simple de consommer ne saurait à elle seule définir l’essence de l’individu. Alors évidemment il faut réfléchir à comment augmenter son patrimoine par des revenus actifs mais surtout par des revenus passifs. Et il préfigure aussi le capital symbolique ou charismatique … 

4) Capital symbolique (le savoir-être)

Enfin, le dernier capital décrit par Bourdieu est le capital symbolique qui est un capital « second », c’est-à-dire qu’il justifie les trois autres, et surtout les capitaux économiques et culturels dans notre société, et qu’en même temps il est justifié par eux.

Le capital symbolique est un ensemble comprenant les mots, le langage, les affectes, les croyances, le respect, l’esthétique … qui favorise la différenciation entre les individus conduisant une « légitimation » des différentes strates d’une société. Pour faire simple, chaque « caste » possède des codes intrinsèques permettant de la distinguer des autres (attributs). L’ensemble des attributs d’une caste permet ainsi à tous de situer l’autre dans la hiérarchie sociale. On se rapproche ici à la fois de la notion de groupe d’appartenance et de référence de Hyman, et on confirme la théorie de Tajfel et Turner sur l’identité sociale.

L’ensemble des croyances sociales acquises permet de justifier et de légitimer les positions sociales. Ainsi les « riches » vont arborer des comportements et possessions de leur caste, quand les pauvres vont arborer d’autres attributs. Les diplômés auront une certaine attitude et un certain langage et les non-diplômés d’autres manières de se mouvoir et d’échanger. L’ensemble de la société va ainsi se situer dans la hiérarchie sociale et justifier sa position et légitimer celle des autres. Les castes dominantes vont offrir aux autres leurs attributs et ceux en-dessous vont légitimer ces positions dominantes en acceptant alors leur position « inférieure » socialement.

ATTENTION : il ne s’agit que de croyances et de normes sociales acceptées. En effet, en fonction des références d’une société, les attributs de la supériorité vont pouvoir être différents. Dans une société capitaliste forte, la richesse est la caste dominante, dans une société de culture dominante ce sera le savoir, dans une société plus grégaire ce sera la force, dans une société superficielle ce sera la beauté …

Se développe alors le concept de violence symbolique … Il s’agit de l’affrontement de castes, d’un individu montrant fortement la différence entre lui et l’autre afin d’asseoir un pouvoir de domination légitime. Cette domination entre dans le cadre de la théorie des sources de pouvoir de French et Raven à la fois dans le pouvoir coercitif et de récompense, que dans le pouvoir légitime. Par sa position dominante clairement et visiblement établie, l’individus va légitimer son pouvoir sur l’autre qui l’acceptera, se soumettra, et restera à sa place inférieure jugeant ne pas être à la hauteur.

Et si on prenait quelques exemples caricaturaux pour voir ?

Cette avocate qui donne une petite enveloppe avec 100 euros dedans à sa « femme de ménage » pour la fin d’année. Cadeau sincère ? Juste rétribution et reconnaissance du travail accompli ? Ou violence symbolique par le don d’une miette faisant apparaître sa supériorité ? Quoi qu’il en soit, la personne chargée de l’embellissement de la maison sera ravie et remerciera grandement son employeur et se soumettra à sa volonté et à ses exigences …

Un enseignant tutoyant ses étudiants. Preuve de proximité ? Besoin de montrer une attitude compatissante ? Ou volonté d’asseoir un pouvoir par l’exercice de la violence symbolique en tutoyant plus bas que lui et en exigeant le vouvoiement ? Quoi qu’il en soit, les étudiants se soumettront et accepteront cet ordre social en octroyant du pouvoir à cet enseignant …

Alors quoi faire de ces connaissances ? Je dis souvent à mes adorables étudiants qu’ils doivent suffisamment se respecter pour véhiculer un capital symbolique qui leur ressemble, sans chercher à heurter les autres, et qui sera adapté à leurs objectifs. Vous, à qui j’ai dit de ne pas écrire « stagiaire » sur votre profil pour ne pas qu’on vous considère comme tel. Vous, à qui j’ai dit de soigner votre tenue en entretien. Vous à qui j’ai expliqué que le langage donnait une image de soi (on ne dit pas « voye », ni « croive »). Comprendre les codes d’une catégorie permet de se faire accepter par elle. Ainsi, dans la négociation, dans le recrutement, dans le passage d’examens (et dans la drague aussi …) il est primordial de montrer son « savoir-être » et l’exemple de ses qualités.

Alors allez-y, apprenez, exprimez ce que vous avez envie d’être et montrez au monde l’immense chance qu’il a ou aura de vous connaître et de vous compter parmi les siens …

En conclusion

Peu importe nos objectifs, vos désirs. Réussir passe obligatoirement par une maximisation et une optimisation de ses capitaux. C’est ce découpage qui nourrit l’essence même de mes interventions. C’est cette richesse multiple qui fait de moi un homme heureux et de vous des êtres d’exception. Rencontrez et échangez pour accroitre vos réseaux, formez-vous et apprenez pour développer vos connaissances, investissez et développez votre business et vos finances pour atteindre vos rêves, existez et développez votre savoir-être pour dépasser l’image que la société exige de vous. Vous êtes magnifique et même plus. Si des manques vous apparaissent, c’est là que j’interviendrai

Partagez sur les réseaux

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *